Déplacement d’air

 

Performance, durée : 15 min, Genève, 2003.


Afin de suggérer un monde évolutif et instable, j'ai choisi de suspendre au plafond d'une salle carré (6.5 m de côté, 4 m de hauteur) une hélice à trois pales (diamètre : 4.30 m) reliée à un moteur qu'il fait descendre lentement sur nos têtes au cours de la performance.
Au sol, précisément sous l'axe rotatif de l'hélice, se trouve un tourne-disque sur un caisson de basse (subwoofer). Une douce musique hawaïenne (vinyl) est diffusée d'un seul haut-parleur situé en hauteur, au-dessus de la porte d'accès de la salle.

L'hélice commence à tourner et amorce lentement sa descente. Un moniteur retransmet les images issues d'une micro-caméra fixée sur l'axe de l'hélice. Nous commençons à sentir la brise légère créée par le mouvement des pales, et comme bercés par la musique de ce disque vahiné, nous sombrons dans une atmosphère douce et nostalgique. Paresseux et rêveurs nous n'en restons pas moins attentifs à la rotation et à l'évolution de ce dispositif, alors qu'un bruit sourd et lointain, de plus en plus présent, nous entraîne progressivement dans la compréhension d'un tout autre univers où le ventilateur devient l'objet d'une rumeur apocalyptique. L'espace rétrécit, la petite musique disparaît lentement dans les basses, le grondement finit par devenir vacarme, le sol, les fenêtres et les murs de la pièce entrent en vibration… l'hélice s'apprête à se poser sur le tourne-disque.